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La sculpture était à l'honneur le vendredi 5 juin au musée des Beaux Arts de Lyon ! Rendez-vous à 12h15 dans les collections avec le sculpteur José Silva da Fonseca : La genèse de l'oeuvre sculptée. Le soir, vidéo mapping sur des sculptures de la chapelle avec Arnaud Pottier pendant la nocturne - le musée reste ouvert jusqu'à 22 h !
- Comment la forme arrive-t-elle à prendre vie sous la main du sculpteur ?
- Quelles sont les sources d'inspiration dont l'artiste dispose dans son cheminement de création ?
Une visite très instructive et très intéressante. Nous nous sommes arrêtés sur Trois sculptures du jardin du Musée des Beaux Arts de Lyon :

Le marbre de GILLIAT ET LA PIEUVRE par Joseph CARLIER.

Cette sculpture inspirée par "Les Travailleurs de la mer" de Victor Hugo en exil.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Carlier_(sculpteur)

https://www.youtube.com/watch?v=J4fW9gvwBGc

Un vieil armateur offre la main de sa ravissante nièce à celui qui sauvera les machines encore intactes de son bateau qui s'est échoué...
Gilliatt, un pêcheur un peu mystérieux, amoureux fou de la jeune fille, décide de tenter l'aventure.
Seul dans une grotte marine, il se trouve confronté à un terrible danger...
Tout à coup il se sentit saisir le bras.
Ce qu'il éprouva en ce moment, c'est l'horreur indescriptible.
Quelque chose qui était mince, âpre, plat, glacé, gluant et vivant venait de se tordre dans l'ombre
autour de son bras nu. Cela lui montait vers la poitrine. C'était la pression d'une courroie et la poussée d'une vrille. En moins d'une seconde, on ne sait quelle spirale lui avait envahi le poignet et le coude et touchait l'épaule. La pointe fouillait sous son aisselle.
Gilliatt se rejeta en arrière, mais put à peine remuer. Il était comme cloué. De sa main gauche restée libre il prit son couteau qu'il avait entre les dents, et de cette main, tenant le couteau, s'arc- bouta au rocher, avec un effort désespéré pour retirer son bras. Il ne réussit qu'à inquiéter un peu la ligature, qui se resserra. Elle était souple comme le cuir, solide comme l'acier, froide comme la nuit.
Une deuxième lanière, étroite et aiguë, sortit de la crevasse du roc. C'était comme une langue hors d'une gueule. Elle lécha épouvantablement le torse nu de Gilliatt, et tout à coup s'allongeant, démesurée et fine, elle s'appliqua sur sa peau et lui entoura tout le corps.
En même temps une souffrance inouïe, comparable à rien, soulevait les muscles crispés de Gilliatt. Il sentait dans sa peau des enfoncements ronds, horribles. Il lui semblait que d'innombrables lèvres, collées à sa chair, cherchaient à lui boire le sang.
Une troisième lanière ondoya hors du rocher, tâta Gilliatt, et lui fouetta les côtes comme une corde. Elle s'y fixa.
L'angoisse, à son paroxysme, est muette. Gilliatt ne jetait pas un cri. Il y avait assez de jour pour qu'il pût voir les repoussantes formes appliquées sur lui. Une quatrième ligature, celle-ci rapide comme une flèche, lui sauta autour du ventre et s'y enroula.
Impossible de couper ni d'arracher ces courroies visqueuses qui adhéraient étroitement au corps de Gilliatt et par quantité de points. Chacun de ces points était un foyer d'affreuse et bizarre douleur. C'était ce qu'on éprouverait si l'on se sentait avalé à la fois par une foule de bouches trop petites.
Un cinquième allongement jaillit du trou. Il se superposa aux autres et vint se replier sur le diaphragme de Gilliatt. La compression s'ajoutait à l'anxiété ; Gilliatt pouvait à peine respirer.
Ces lanières, pointues à leur extrémité, allaient s'élargissant comme des lames d'épée vers la poignée. Toutes les cinq appartenaient évidemment au même centre. Elles marchaient et rampaient sur Gilliatt. Il sentait se déplacer ces pressions obscures qui lui semblaient être des bouches.
Brusquement une large viscosité ronde et plate sortit de dessous la crevasse. C'était le centre ; les cinq lanières s'y rattachaient comme des rayons à un moyeu ; on distinguait au côté opposé de ce disque immonde le commencement de trois autres tentacules, restés sous l'enfoncement du rocher. Au milieu de cette viscosité il y avait deux yeux qui regardaient.
Ces yeux voyaient Gilliatt. Gilliatt reconnut l.....................
Groupe National Français : Claude Guedj Professeur de français - Classe relais du collège de Vauvert (34)
p1/2
Victor Hugo Les Travailleurs de la mer

Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon
Gilliat et la pieuvre, marbre de Joseph CARLIER à admirer dans le jardin des Beaux Arts de Lyon

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